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Grève au collège Politzer de Bagnolet
Article publié le 1er février 2018

Les personnels du collège Politzer de Bagnolet sont en grève depuis le mardi 30 janvier. Nous publions ci-dessous leurs revendications.


« Donnez nous les moyens de travailler dans des conditions dignes et sûres »

Du délabrement du bâtiment…

Les locaux de l’établissement présentent de nombreux dysfonctionnements sanitaires et sécuritaires. Dysfonctionnements impactant l’accueil et le travail des élèves et des personnels.

1) Amiante
Nous pensons que notre santé est mise en danger et que l’institution nous cache des éléments d’information importants.

Nous avons appris en ce mois de janvier 2018, de manière fortuite, la présence d’amiante dans le bâtiment, notamment la toiture. Étant donnée la dégradation de ladite toiture et le fait que les dernières expertises remontent à 2012, nous nous inquiétons du peu de réaction des représentants au conseil départemental et plus largement des institutions dont nous dépendons. A titre d’exemple, nous tenons à préciser que des ardoises cassées ont été retrouvées dans les patios et aux abords du collège. Les élèves du club jardinage ont même été amenés à les manipuler.

En conséquence, nous demandons :

  • Une nouvelle expertise URGENTE et un nouveau DPA d’ici la fin des vacances de février
  • Une Commission d’hygiène et de sécurité exceptionnelle académique
  • L’intervention de l’ARS
  • La mise à disposition de l’ensemble des documents relatifs à ce sujet (DAT, audits…).

2) Sécurité
Ce constat inquiétant vient s’ajouter à une liste déjà longue de dégradations matérielles qui mettent notre sécurité, en tant que personnels, mais aussi celle de nos élèves, en grave danger.

Depuis une bonne dizaine d’années maintenant, comme en témoigne l’article du Parisien de janvier 2012, les fuites, le chauffage défaillant, les fenêtres mal fixées, sont dangereux. En effet, ce sont aujourd’hui les néons et le système électrique qui se retrouvent sous l’eau, le chauffage qui ne fonctionne pas dans le gymnase et certaines salles laissant les élèves travailler à une température d’à peine 10 degrés, les panneaux de basket et certaines fenêtres qui menacent de tomber sur nos élèves.
Il arrive que les murs d’escalade soient couverts d’eau, que nous devions déplacer les seaux et même les bureaux des élèves pendant les heures de cours. L’état des moquettes et des sols provoque des chutes d’élèves.
Les portails d’entrée ne fonctionnent pas et nous savons que des personnes étrangères à l’établissement s’y introduisent régulièrement.
Point d’orgue dans cette liste déjà longue (et incomplète) : l’état stupéfiant de la seule aile rénovée du collège dont les sols étaient inondés avant même la livraison.

En conséquence, nous demandons :

  • Une meilleure gestion de l’argent public
  • Une concertation, par les différentes personnes responsables dans les différentes institutions concernées, pour la planification de l’entretien et de la rénovation du collège
  • Des engagements écrits de ces mêmes responsables que la sécurité physique des personnes est garantie sur leur lieu de travail.

3) Problèmes sanitaires
Ces problèmes, qui mettent en danger notre intégrité physique de façon imminente, ne doivent pas faire perdre de vue l’existence de problèmes sanitaires tout aussi graves.

Nous constatons que les locaux sont extrêmement sales, dû à un manque d’effectif et de matériel. En effet, une auto-laveuse et de nouveaux chariots de matériel sont toujours en attente de livraison, les produits d’entretien sont distribués au compte goutte, les agents doivent donc procéder à un nettoyage à l’eau.
De plus, nous observons des fuites d’eau régulières dans la cuisine ainsi que dans le réfectoire.
Enfin, nous avons de gros doutes sur l’état général de la plomberie et donc sur la salubrité de l’eau.

En conséquence, nous demandons :

  • Une livraison rapide du matériel nécessaire à l’entretien des locaux
  • Une révision du système de plomberie dans les plus brefs délais
  • Une solution temporaire pour pallier les fuites d’eau provenant de la toiture en attendant les travaux de rénovations énergétiques prévus d’ici trois ans.

… à celui des conditions de travail

Ces questions matérielles ont bien évidemment un impact extrêmement fort sur les conditions de travail des agents, des enseignants et des élèves. De plus, viennent se greffer des problèmes concernant la « gestion des ressources humaines ».

1) Agents d’entretien, agents polyvalents de restauration et assistants d’éducation
Les premiers concernés par ces dysfonctionnements sont les agents qui exercent, au sein de notre établissement, leur travail dans des conditions très préoccupantes.

Pour ne donner qu’un exemple que nous espérons marquant, la situation en cuisine : l’absence de machine fonctionnelle pour faire la plonge oblige le personnel à faire la vaisselle à la main, charge déjà lourde, mais aussi à l’eau froide ce qui est parfaitement inacceptable. La température trop basse dans le réfectoire et en cuisine les oblige à se chauffer le matin en allumant les fours (par ailleurs, les professeurs et élèves mangent en manteau tant le réfectoire est mal isolé).
On comprend bien que ces problèmes liés à un manque de matériel se retrouvent dans d’autres zones de travail : l’absence de produits d’entretien, la non conformité des chariots impactent les conditions des agents travaillant dans les salles et les couloirs.
Si cela ne suffisait pas, il faut ajouter que les absences non remplacées, les fiches de poste inadaptées et les charges de travail inéquitablement réparties entre les agents, nous font douter de la décence même des conditions de travail.
Par ailleurs, la gestion des AED et assistants pédagogiques nous semble aussi poser problème puisqu’elle révèle à la fois un manque d’effectifs et des missions qui ne correspondent pas aux fiches de poste.

En conséquence, nous demandons :

  • La mise aux normes, le remplacement et la maintenance du matériel défectueux
  • Une meilleure concertation et gestion du personnel afin de garantir aux agents des conditions de travail dignes et conformes au code du travail
  • Une augmentation des effectifs qui permette de pallier les absences et les départs en retraite.

2) Tensions avec la direction
A ces manques de matériel qui impactent notre travail, s’ajoutent des problèmes préoccupants avec la direction.

On peut parler d’une véritable distorsion entre les annonces et les actes, et les exemples s’accumulent : la demande des demi-journées banalisées au CA non remontée aux instances compétentes, le courrier concernant l’amiante mal adressé, les plaintes concernant les intrusions dans le local EPS sans suite, les annonces orales lors de réunions non suivies, que ce soit par des écrits ou des effets.
Des décisions concernant les élèves sont prises, des réunions avec les parents sont organisées sans que les enseignants soient mis au courant. Parfois même certains enseignants sont mis en cause auprès d’élèves et de parents sans possibilité de se défendre puisque ces discussions ne leur sont pas ouvertes. Globalement, nous reprochons à la direction son absence de réactivité et même son déni des difficultés rencontrées par le personnel.
Plus préoccupant encore, les exemples d’intimidation voire même de dénonciation calomnieuse auprès d’institutions et de référents se multiplient.

En conséquence, nous demandons :

  • Une direction qui nous apporte des preuves écrites conformes aux engagements oraux
  • La fin de la mise en cause injustifiée des personnels en guise de représailles par la direction
  • L’intervention d’un médiateur ou d’un audit.

3) Problème pédagogique
Le cadre pédagogique est devenu instable du fait de ces problèmes de gestion mais aussi de l’incapacité à penser notre travail sur le long terme.

Ce collège a longtemps été dans l’innovation, en pointe même, sur des questions centrales dans les nouveaux programmes comme l’explicitation (posture pédagogique d’aide aux élèves en difficulté centrale dans les AP) et l’interdisciplinarité (au cœur des enseignements d’EPI). L’année passée, de nombreux dispositifs pédagogiques ont disparu et la répartition de la DHG s’est faite en absence de concertation réelle avec les équipes. A la fin de l’année, les livrets de compétences remplis par les équipes ont été corrigés sans que nous en soyons informés.
Aujourd’hui, on nous demande de remettre ces dispositifs pédagogiques en place sans nous en donner les moyens nécessaires en terme de concertation notamment. Les réunions sont quasi inexistantes, placées à des moments inadéquats, annoncées trop tardivement, sans aucune programmation annuelle cohérente. Parallèlement, les interventions extérieures, les évaluations nationales ou locales sont placées sur des heures de cours sans que cela pose problème alors qu’on nous interdit de nous concerter sur ces mêmes créneaux.
Les changements d’orientation pédagogique imposés sont bien loin de la volonté affichée d’un point de vue institutionnel de permettre la liberté pédagogique et l’autonomie des établissements.
Pour finir, nous apprenons que notre DHG est en baisse et il faudrait que nous nous en satisfaisions puisque auparavant « nous avions trop ».

En conséquence, nous demandons :

  • Le maintien à minima de la DHG de l’année passée au prorata du nombre de divisions afin de pérenniser les dispositifs mis en place
  • De pouvoir travailler comme les textes officiels le prévoient c’est-à-dire en respectant notre droit à la formation, à la concertation et notre liberté pédagogique
  • Une plus grande cohérence dans les orientations pédagogiques et une vision à plus long terme qui tiennent compte et qui respectent les compétences des enseignants.