SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Agenda


lundi 27 novembre
Stage antihiérarchie 27 et 28 novembre 2017 à Paris

mercredi 29 novembre
AG du collectif des enseignant.e.s de classes d’accueil mobilisés mercredi 29 novembre à 13h30 à la bourse du travail de Bobigny

mercredi 6 décembre
RIS Aubervilliers

jeudi 7 décembre
RIS BONDY

mardi 12 décembre
AG des lycées en lutte du 93 - 18h30 à Saint-Denis

jeudi 14 décembre
[Réservé aux adhérent.e.s] Stage fédéral juridique niveau 1 : « Les statuts et le juridique au service des personnels et de l’animation syndicale » à Paris

jeudi 14 décembre
RIS Bagnolet

lundi 18 décembre
Stage syndical "Au croisement des oppressions - Où en est-on de l’antiracisme à l’école ?" les 18 et 19 décembre 2017 à Saint-Denis

mardi 19 décembre
AG du district 4 (Aulnay - Sevran - Tremblay - Villepinte) - 18h30, au Delyss, 5 rue des deux gares, métro Gare du Nord

jeudi 18 janvier
Stage Pédagogies alternatives et syndicalisme - l’individu grâce au collectif, malgré lui

vendredi 19 janvier
Stage Pédagogies alternatives et syndicalisme - l’individu grâce au collectif, malgré lui

jeudi 8 février
AG des lycées en lutte du 93 - 18h30 à Saint-Denis

lundi 12 mars
Stage syndical pour les assistant-es d’éducation et assistant-es pédagogiques

Résistons aux évaluations nationales en CP
Article publié le 26 septembre 2017

PDF - 2.7 Mo
Résistons aux évaluations nationales en CP

Le ministre Blanquer veut imposer des évaluations nationales qui se limitent pour l’instant aux élèves de CP. Pour Sud éducation, les évaluations nationales, c’est toujours non !

La fausse nouveauté

Les différents problèmes dénoncés par la communauté éducative en 2008 (concernant les évaluations nationales CM2 et CE1 sous Darcos) subsistent avec la fausse nouveauté des évaluations CP à la sauce Blanquer : ces évaluations ne servent toujours pas au diagnostic des difficultés des élèves, elles ne constituent pas un outil professionnel au service de la pédagogie visant la réduction des difficultés scolaires, elles contribuent à la standardisation pédagogique de nos pratiques de classe et s’accompagnent de recommandations institutionnelles qui discréditent le travail des enseignant-es sur le terrain et enjoignent ces dernier-es à l’emploi de pratiques pédagogiques exclusives.

A chaque nouvelle réforme, notre liberté pédagogique est un peu plus restreinte.

L’évaluation consiste à vérifier les stratégies d’apprentissage des élèves et non à contrôler l’application aveugle de méthodes mécaniques . Elle doit être construite par les enseignant-e-s eux-elles même pour permettre de construire des stratégies pédagogiques.

Le volume, le calendrier et les conditions de passation, les situations proposées en font un dispositif artificiel et anxiogène pour tous-tes, enfants, enseignant-e-s, et les parents. Avec les pressions hiérarchiques et institutionnelles dont elles s’accompagnent déjà, elles entraîneront à terme des formes de bachotage dès la maternelle sans aucun bénéfice pour les enfants.

Les contenus des évaluations CP, non progressives, normatives et centrées presque exclusivement sur l’apprentissage du code, donnent une vision très restreinte des capacités des enfants , de ce qu’il faut savoir pour apprendre à lire et à comprendre des écrits. Elles empêchent une analyse fine des difficultés. En effet déchiffrer des syllabes et des mots isolés de leur contexte est une activité d’identification et non une activité de lecture. L’apprentissage de la lecture ne se résume pas à un apprentissage exclusivement mécanique d’unités grapho-phonétiques.

Réac’ et néo-libéral

Ce pilotage par le résultat méprise les enfants et nie toute nécessaire progressivité des apprentissages dans la durée et dans le respect des rythmes individuels. Il nuit à la sérénité et à la solidité du travail en classe. Il aboutit à un cloisonnement des apprentissages au détriment de la transversalité, du sens et de l’épanouissement des enfants. Il divise les équipes pédagogiques.

Ce nouveau dispositif s’articule parfaitement avec la nouvelle doctrine du ministère qui consiste à instaurer la culture du chiffre, du résultat et du mérite en appliquant « les bonnes vieilles recettes d’antan » . Elle vise à faire des économies de moyens en introduisant les méthodes de management les plus brutales pour démanteler l’éducation nationale : en supprimant les RASED, en ayant recours à l’embauche massive de contractuel-les, et en faisant croire que l’état donne aux enseignant-e-s une formation initiale et continue qu’ils et elles n’ont pas.

SUD éducation exige une formation de plusieurs années préalable à toute responsabilité en classe et une entrée progressive dans le métier, avec un accompagnement pédagogique important, afin de ne pas pénaliser les élèves.

Dans la ligné du LSUN, la compétitivité et le fichage a l’honneur

Les données compilées avec les évaluations de CP, croisées avec l’origine scolaire des élèves en maternelle, permettront de comparer les « performances » des écoles maternelles.

De plus, les résultats collectés constitueront une banque de données qui sera utilisée au détriment de nos élèves. Ce pilotage par l’évaluation fait peser une menace lourde sur le système éducatif, en instaurant un outil de mesure des résultats qui a pour but de permettre une concurrence entre les écoles et les enseignant-e-s en niant les singularités propres à chaque école et à chaque élève. Elles permettront à terme, avec la disparition de la carte scolaire, la transformation de l’école en un vaste marché.

Derniere minute : la DGESCO recule !

Après avoir imposer la passation de ces évaluations, la DGESCO fait marche arrière. Dans une lettre envoyée aux écoles, le directeur y avoue à demi-mot, que ces évaluations sont inadaptées puisqu’il en recommande une passation partielle et d’en faire des outils pour la classe. Tout ça avant d’avoir l’année prochaine, de vraies évaluations, réalisées par un comité scientifique qui va être bientôt créé. Ce demi aveu sur l’inadaptabilité de ces évaluations confirment ce que nous en pensons mais n’en constitue pas une remise en cause.

Pour SUD Education , adaptées ou pas, ces évaluations ne sont pas des outils au service des apprentissages des élèves.

Pour SUD éducation, seuls le refus de la remontée des résultats / le boycott / la grève, suivi par le plus grand nombre d’écoles, pourra collectivement peser dans le rapport de force et faire plier cette nouvelle mesure.

La résistance aux évaluations nationales, c’est l’affaire de tous-tes, et non des seul-es enseignant-es de CP, avec l’appui de parents d’élèves. Les équipes éducatives réunies en conseil des maîtres-esses doivent plus que jamais affirmer leur liberté pédagogique et continuer le travail de conviction auprès des familles. L’école n’est pas une entreprise et n’a pas vocation à le devenir.

SUD Education soutiendra et accompagnera toutes les équipes qui ne mettront pas en place les évaluations, qui ne les feront pas remonter et qui subiront des pressions de leur hiérarchie.