SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | AESH, AED, AP | Agent-es | Contractuel-les enseignant-es | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Plainte antiracisme | Stagiaires | Supérieur | Réforme des retraites | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence | Réforme du lycée | COVID-19 |

Découvrir SUD éducation 93

Agenda


CTSD 2nd degré - ajustement et moyens Vie Scolaire
Article publié le 4 juillet 2020

Compte rendu du CTSD 3 juillet consacré aux ajustements, ouvertures et fermetures de classe et moyens Vie Scolaire

Le CTSD 2nd degré concernant les postes et les moyens Vie Scolaire dans les collèges du 93 a eu lieu le vendredi 3 juillet à 14h. 

SUD éducation 93 y a porté les revendications des personnels. 

1- Les documents pour avoir toutes les informations sur votre collège 

PDF - 29.7 ko
Les abondements d’heures
PDF - 48 ko
Les ajustements : ouverture et fermeture de classe
PDF - 427.3 ko
Les moyens Vie Scolaire

2- Déclaration liminaire SUD éducation 93

PDF - 63.3 ko
Déclaration CTSD SUD 3 juillet


Il y aurait tant à dire sur cette fin d’année scolaire.

Nous pourrions vous parler des conditions de travail des personnels du 93 pendant la période de confinement : ils et elles apprenaient dans les médias les nouvelles consignes les concernant, observant sans cesse un décalage entre ces annonces et la réalité des écoles et établissements scolaires du 93.
Nous pourrions vous parler du sentiment d’abandon, de la souffrance des personnels, contraint-e-s à enseigner à distance sans matériel et sans formation.
Nous pourrions vous parler des inégalités scolaires qui se sont creusées ces derniers mois comme des conséquences dramatiques du confinement pour les élèves les plus en difficultés.
Nous pourrions vous parler des conditions de reprise, des pressions exercées par certains chefs d’établissement sur les personnels, mais aussi du protocole sanitaire du 11 mai, inapplicable par manque de moyens, ou du protocole sanitaire inexistant du 22 juin.
Nous pourrions vous parler de la responsabilité de l’administration dans son refus de tester massivement les personnels, de garantir un maximum de sécurité au travail, et de l’incapacité à protéger la santé des personnels et des élèves.

Mais nous ne le ferons pas car vous savez tout cela, Monsieur le DASEN, vous avez pu l’observer, vous en avez été informé par des alertes au CHSCT, par des courriers ou lors de précédentes instances. Nous avons porté la nécessité de créer des postes et de changer de politique salariale afin d’empêcher cette lente mais certaine agonie du service public d’éducation dans notre département et de protéger les personnels, toujours plus précaires, toujours plus en souffrance dans leur métier.
Pourtant les chiffres présentés aussi bien au CTA qu’au CTSD montrent bien que vous n’avez pas entendu les besoins et les demandes des personnels de notre département.

Avec une augmentation de 1345 élèves en collège et la création de seulement 1 poste et demi d’AED, le ratio du nombre d’élèves par AED baisse encore puisqu’il est de 1 pour 79. De plus, les fermetures de classe, sur lesquelles vous refusez de revenir, contraignent des élèves du département à changer de collège au cours de leur scolarité. Cela est particulièrement préjudiciable pour le suivi des élèves qui relèvent de dispositifs spécifiques, nous pensons par exemple aux ancien-nes élèves qui dépendaient des UPE2A qui voient leur dossier d’inscription dans le niveau supérieur refusé.
En cette période d’après confinement, où tous s’accordent à dire qu’il faut redoubler d’efforts pour réduire les inégalités qui se sont creusées pendant la période de confinement, le H/E baisse à la rentrée 2020 de 1,39 à 1,38, les créations de poste ne sont pas à la hauteur de la hausse démographique.

Les personnels du département recommenceront à se mobiliser dès la rentrée.
Ils et elles n’acceptent ni les réformes libérales imposées de manière autoritaire par le Ministre Jean-Michel Blanquer, ni l’insuffisance des moyens pour l’éducation dans notre département : il faut d’urgence créer des postes d’enseignant-e-s, de CPE, d’AED, d’AESH, de personnels médico-sociaux, administratifs et techniques afin de réduire le nombre d’élèves par classe et afin d’améliorer la prise en charge de tous les élèves.
Les personnels n’acceptent pas la manière dont l’institution les traite, entre mise en concurrence et maltraitance. Vous ne voulez pas entendre les revendications des personnels, votre administration a réduit les instances à une parodie de dialogue social. Si vous ne voulez pas entendre les revendications légitimes des personnels du départements, nous les porterons plus haut, plus fort et plus collectivement que dans les instances. Nous mobiliserons les personnels pour faire avancer les droits des femmes au travail et nous continuerons de porter la nécessité d’un protocole à l’échelle du département et de l’académie pour protéger les victimes de violences sexuelles et sexistes. D’ailleurs nous attendons toujours une réponse à notre demande d’audience intersyndicale à ce sujet. Nous assistons, consternées, aux départs des collègues du collège Robespierre d’Epinay-sur-Seine, qui après avoir dénoncé des agressions sexistes n’ont pas été protégées sur leur lieu de travail et ont dénoncé un harcèlement moral qui les a contraintes à demander leur mutation. Et la situation des collègues de Robespierre est l’arbre qui cache la forêt : nous recueillons chaque mois des récits de harcèlement sexuel ou d’agression sexiste subis par des personnels. Les victimes n’osent pas parler et on comprend pourquoi lorsqu’on regarde la situation du collège Robespierre. Il y a urgence à prendre des mesures pour endiguer cette culture du sexisme dans nos établissements, pour prévenir les violences et pour protéger les victimes.
Cette maltraitance de l’institution sur les personnels ne s’abat pas uniquement sur les femmes, les personnels précaires de notre département en sont largement victimes également. Les collègues nous ont alerté sur la situation des non-titulaires dans leurs établissements : après avoir enseigné de nombreuses années et s’être investi-e-s dans l’établissement, ils et elles se voient contraint-e-s de changer d’établissement suite à la nomination de personnels titulaires sur les postes occupés jusqu’alors. Les personnels non-titulaires ne peuvent continuer à être une variable d’ajustement qu’on déplace selon les aléas : ils doivent être titularisé-e-s. Cette inégalité des droits entre titulaires et non-titulaires est intolérable dans notre département qui manque si cruellement de personnels.
Enfin, vous allez également être confronté dès la rentrée au mécontentement des personnels AESH qui refusent de voir leurs conditions de travail dégradées du fait de la généralisation des PIALs. Cette mutualisation des moyens est guidée par des objectifs de rentabilité. Vous allez flexibiliser des personnels déjà précaires, engagé-e-s sur des temps incomplets avec des salaires incomplets. C’est irresponsable d’un point de vue pédagogique mais également d’un point de vue humain. Avec de telles conditions de travail, vous allez avoir de plus en plus de difficultés à recruter des personnels compétents et motivés par ce métier, car c’est un métier qui doit être reconnu par un statut.

Nous aurons bien du travail à la rentrée prochaine, l’administration, pour tenter de maintenir artificiellement debout cette maison qui s’effondre, et nous, syndicalistes, pour construire une autre école, plus solidaire et plus respectueuse des élèves et des personnels.

3- Compte-rendu du CTSD

Sur les ajustements en heures : les collèges du département qui proposent des langues anciennes ou des langues rares demandent que des heures fléchées leur soient attribuées afin de dispenser ses enseignements. Cependant l’administration considère que des heures sont déjà attribuées à ces enseignements : ce sont les heures de marge qui permettent de les dispenser.
Pour SUD éducation 93, on ne peut continuer à mettre en concurrence les disciplines dans l’attribution de la marge et il faut obtenir des heures fléchées pour les langues anciennes et les langues rares.

Sur les ouvertures et fermetures de classe  : SUD éducation 93 a présenté les situations des établissements pour lesquels les équipes craignent un dépassement des seuils. Dans la quasi totalité des cas, la DSDEN affirme que les seuils ne seront pas dépassés. Les chiffres du CTSD de janvier/février ne sont plus actuels, ni ceux qui ont été communiqués aux équipes dans les établissements.
Les organisations syndicales ont dénoncé les difficultés que rencontrent les équipes puisque les prévisions d’effectifs ne leur sont pas communiqués. Cette opacité oblige les personnels à faire leurs propres calculs et entraînent des difficultés en cette fin d’année.
Les organisations syndicales ont demandé que les chiffres prévisionnels d’effectifs nous soient communiqués en amont du CTSD d’ajustement. La DSDEN dit que cela est impossible car les chiffres d’inscription continuent de remonter à leurs services jusqu’au dernier moment. On peut noter que le collège Fabien de Saint-Denis, qui s’est mobilisé par une grève très majoritaire, a gagné une ouverture de classe et a empêché une fermeture de classe.
Les collègues qui ont fait remonter des situations recevront un mail du syndicat les informant des informations données sur leur établissement.

Sur les postes de CPE  : Il n’y a aucune création de postes de CPE dans l’académie. SUD éducation 93 a dénoncé cette absence de moyens supplémentaires alors même que le nombre d’élèves a augmenté dans les collèges du département (+1345 élèves). Le manque de CPE dégrade le travail de tous les personnels.

Sur les postes en Vie Scolaire : SUD éducation 93 a dénoncé l’insuffisance des moyens attribués, seul 1,5 postes d’AED sont créés pour les collèges du 93.

Sur les ULIS : 5 nouvelles ULIS vont ouvrir dans les collèges du 93. Pour l’instant on compte 80 ULIS sur 130 collèges. On compte +30 % de notifications MDPH cette année. La DSDEN se félicite de la meilleure détection du handicap. Il reste à présent à créer de bonnes conditions d’étude pour les élèves en situation de handicap.

Questions diverses  :

- où en est le plan d’action du gouvernement pour le 93 ? En octobre, le gouvernement a annoncé 23 mesures dont la mise en place d’une prime de fidélisation de 10 000 € pour les agents des services publics de l’État en Seine-Saint-Denis. Néanmoins ces mesures sont restées des annonces. Des textes réglementaires devraient paraître en juillet. Or le DASEN n’a aucune information quant à leur application.

- dispositif « vacances apprenantes » : il y a trois dispositifs dans le 93 : l’école ouverte, les stages de réussite et les colo apprenantes.
L’école ouverte existe dans les écoles, collèges et LP de 30 communes du département.

- demande d’audience intersyndicale concernant la mise en œuvre d’un protocole contre les violences sexuelles et sexistes dans le département : SUD éducation 93 est revenu sur la situation préoccupante de notre département et sur la trop faible prise en charge par les services départementaux de cette problématique. Monsieur le DASEN s’est engagé à accorder une audience sur ce sujet aux organisations syndicales à la rentrée.