SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | AESH, AED, AP | Anti-répression | ATTEE - Administratif⋅ves | Contractuel-les enseignant-es | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Plainte antiracisme | Stagiaires | Supérieur | Violences sexistes et sexuelles | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence | COVID-19 |

Cinq parlementaires Les Républicains veulent dissoudre SUD éducation 93
Article publié le 9 mars 2022

Tou·tes au tribunal judiciaire à Bobigny le 17 mars !
1, promenade Jean Rostand, Immeuble l’Européen, Hall A
Rassemblement et prises de paroles à 9h.

Tou·tes au Tribunal Judiciaire de Bobigny le 17 mars !

1, promenade Jean Rostand, Immeuble l’Européen, Hall A
 Rassemblement et prises de paroles à 9h.

Pour le droit syndical, pour l’antiracisme : déterminé·es pour gagner !

En juillet 2019, cinq parlementaires Les Républicains portent plainte contre SUD éducation 93 et réclament la dissolution de notre organisation syndicale. Le motif avancé est l’organisation d’ateliers en non-mixité lors d’un de nos stages. Cette plainte est la troisième qui est déposée contre notre syndicat, et fait suite à deux autres, portées cette fois par Jean-Michel Blanquer, et classées sans suite. L’audience de plaidoirie du 17 mars prochain signera l’épilogue de l’affaire.

Une offensive réactionnaire contre le monde militant

Le quinquennat Macron-Blanquer a été marqué par la multiplication des attaques médiatiques, administratives et juridiques, contre notre syndicat et nos militant·es. Mutations forcées, poursuites disciplinaires infondées, plaintes du ministre ou d’inspecteur·rices,campagne d’opinion concordante avec les médias d’extrême-droite [1] : les exemples sont trop nombreux.

À cette répression anti-syndicale s’est ajoutée une offensive réactionnaire contre nos élèves et collègues musulman·es au nom d’une vision dévoyée de la laïcité. Cette vision de la laïcité, appuyée par l’extrême-droite, est trop largement soutenue et cautionnée par Jean-Michel Blanquer – vrai-faux colloque anti-woke [2], Conseil des « Sages » de la Laïcité [3], nomination du nouveau président du Conseil Supérieur des Programmes, etc.

Les dissolutions et menaces de dissolution contre les collectifs et organisations qui portent une parole antiraciste et anti-impérialiste, comme le CCIF ou le Collectif Palestine Vaincra, montrent que le droit est aussi utilisé comme une arme pour museler toute contestation du récit officiel d’une République aveugle aux couleurs, et qui garantirait l’égalité de toutes et tous. Toute organisation des personnes victimes d’oppression inquiète, dérange, scandalise.

Les attaques du ministre Blanquer coïncident, sur le fond et sur la forme, avec celles des pires fanges de l’extrême-droite : il s’agit d’attaquer directement nos adhérent·es et notre organisation syndicale. Les accusations de mener une action politique d’infiltration déguisée ou d’être complice d’assauts fantasmés contre la « République » ont pour but de désigner des coupables et de les livrer à la violence des groupuscules fascistes. Elles viennent justifier l’islamophobie et tous les racismes, et fournir un alibi pour le piétinement des libertés, notamment académique et syndicale.

Trois plaintes en cinq ans !

La première tentative de Jean-Michel Blanquer de porter plainte contre SUD éducation 93 en novembre 2017 n’avait pas suffi à le dissuader, lui et ses allié·es d’extrême-droite. Rappelons que le ministre avait annoncé porter plainte pour « diffamation » en raison de l’emploi du terme « racisme d’État ». Cette plainte a été classée sans suite en février 2018… pour vice de forme.

Après ce camouflet, Jean-Michel Blanquer a persisté et a saisi le Procureur de la République en avril 2018, accusant notre syndicat et ses adhérent·es de « discrimination » ! Une fois de plus, la plainte a été classée sans suite un an plus tard [4].

Cinq parlementaires Les Républicains ont pris le relais, en portant plainte en juillet 2019 afin d’obtenir la dissolution judiciaire de SUD éducation 93[5]. Comme les plaintes précédentes, cette procédure repose sur une panique morale suscitée par la tenue d’ateliers en non-mixité lors d’un de nos stages. Non seulement nous assumons, mais nous revendiquons l’organisation de tels dispositifs [6].

SUD éducation 93 assume avoir organisé et continuer à organiser des temps en non-mixité, de quelque ordre soit-elle, y compris de non-mixité d’oppression raciale.

Nous sommes convaincu·es que ces temps sont nécessaires et essentiels pour l’expression des victimes d’oppression.

Ces réunions en non-mixité ont vocation à organiser des espaces de paroles entre personnes subissant les mêmes oppressions spécifiques (racisme, sexisme, LGBTIphobie...) pour qu’elles puissent élaborer leurs revendications et échanger sur leur vécu. Qualifier de racistes ou de fascistes celles et ceux qui s’organisent contre le racisme car des temps ponctuels sont en non-mixité choisie, et non-subie comme dans tant d’autres endroits, c’est faire le choix de nier le caractère systémique du racisme et des discriminations qu’il engendre. Cette pratique n’est pas nouvelle, et elle est même reconnue par la Commission Européenne [7] !

Tou·tes au Tribunal Judiciaire de Bobigny le 17 mars à 9h !

Pour SUD éducation 93, cette attaque, comme toutes les autres, est bien la preuve que le projet d’école et de société que nous portons dérange.

Cet épisode judiciaire devrait prendre fin le jeudi 17 mars à 9h au Tribunal Judicaire de Bobigny avec l’audience de plaidoirie. Au matin d’une journée de grève interprofessionnelle pour l’augmentation des salaires, nous devrions être fixé·es sur l’issue de cette procédure. Des prises de paroles seront organisées devant le Tribunal.

SUD éducation 93 appelle toutes celles et ceux qui luttent contre le racisme à se rassembler devant le Tribunal Judiciaire de Bobigny (1 promenade Jean Rostand) le 17 mars à 9h.

 

 


[1] Communiqué de SUD éducation 93, « SUD éducation 93 attaqué conjointement par le Rectorat et les médias d’extrême-droite », 22 janvier 2022 [https://www.sudeducation93.org/SUD-education-93-attaque-conjointement-par-le-Rectorat-et-les-medias-d-extreme.html]

[2] Communiqué de SUD éducation Sorbonne Université, « Ceci n’est pas un colloque universitaire », 4 janvier 2022 [https://www.sud-su.fr/spip.php?article36]

[3] Voir notamment Communiqué de SUD éducation 93, « De la fable à la fachosphère : l’obsession réactionnaire du ministère », 23 janvier 2022 [https://www.sudeducation93.org/De-la-fable-a-la-fachosphere-l-obsession-reactionnaire-du-ministere.html]

[4] Communiqué de SUD éducation 93, « La plainte pour "discrimination" de M. Blanquer contre SUD éducation 93 classée sans suite », 5 février 2020 [https://www.sudeducation93.org/La-plainte-pour-discrimination-de-M-Blanquer-contre-SUD-education-93-classee.html]

[5] Communiqué de SUD éducation 93, « Ateliers en non-mixité raciale choisie : la dissolution de SUD Education 93 requise par 5 député.es LR », 14 novembre 2019 [https://www.sudeducation93.org/Ateliers-en-non-mixite-raciale-choisie-la-dissolution-de-SUD-Education-93.html]

[6] Article de SUD éducation 93, « Antiracisme et non-mixité », 14 novembre 2019 [https://www.sudeducation93.org/Antiracisme-et-non-mixite-des-references-utiles.html]

[7] Directive 2000/43/CE du 29 juin 2000.

PDF - 94.8 ko
version imprimable