SUD Education Solidaires SUD Education 93
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Contre la « pensée faible » et les initiatives « nauséabondes », Blanquer oppose la pensée confuse(ioniste) et des ordres illégaux
Article publié le 7 mai 2019

...et donne l’occasion d’un petit cours d’autodéfense intellectuelle

A SUD éducation 93, nous commençons a être habitué-es aux mots doux que nous adressent bon nombres d’éditocrates et de politicien-nes réactionnaires.

Notre ministre actuel, qui passera comme d’autres et sera oublié, a par exemple pris l’habitude d’essayer d’éclairer le monde de sa pensée fulgurante sur toute sorte de sujets, et notamment sur le contenu de certains de nos multiples stages syndicaux1. Il s’agit bien entendu de ceux qui traitent de la question du racisme.

Après nous avoir traité-es de racistes et avoir tenté de nous traîner au tribunal en 2017, sans succès mais sous les chaleureux applaudissement des député-es et de Marine Le Pen2, il s’est permis le 24 avril dernier3 de nous comparer aux fascistes des années 20, de qualifier les idées que nous portons de « pensée faible », de nous traiter de nihilistes, et de nous associer au fondamentalisme islamique. Notre supposée « haine de soi » (de qui parle t-il vraiment ?) serait un danger pour la société française, voire pour l’occident tout entier.

Mettons tout d’abord trois choses au clair :

- nous avons un projet de société4 anticapitaliste, féministe, antiraciste et autogestionnaire, nous ne sommes donc pas des nihilistes, et encore moins des fondamentalistes religieux-euses (deux choses cependant qui n’ont rien à voir #lesmotsontunsens) ;

- nous sommes multiples et varié-es en terme de genre, de couleur de peau, d’origine sociale géographique et culturelle, de croyance ou d’absence de croyances religieuses, et nous nous aimons les uns les autres, et nous nous aimons nous même… si nous avons de la haine elle est plutôt dirigée contre la classe possédante, ses serviteurs politicien-nes, et les violences économiques sociales et policières qu’elle utilise contre nous ;

- nos deux stages ont eu lieu, étaient complets, se sont bien passés, ont été riches et variés, et ont été l’occasion de réflexions collectives complexes et éclairées.

Attardons nous ensuite un bref instant sur les propos du ministre. En quelques phrases ce dernier enchaîne paralogismes5, contresens, sous-entendus et manipulations historiques éhontées, construisant ainsi un raisonnement qu’on pourrait facilement qualifier de vide... et faible.

Mais il nous donne ainsi l’occasion d’un petit cours d’autodéfense intellectuelle illustré. Nous l’en remercions donc mais sans l’applaudir, contrairement à d’autres (voir plus haut), et nous vous livrons ci-dessous quelques exemples de pratiques rhétoriques fallacieuses. Comme il semble avoir le temps de surveiller et commenter nos activités, espérons qu’il y trouve lui aussi l’occasion de progresser #cestcadeau :

- « l’homme de paille » - exemple : un ministre assimile sans aucun argument des militant-es antiracistes dont il n’aime pas les méthodes, à des racistes antisémites ;

- le contre-sens – exemple : un ministre dénonce une « dérive identitaire » provoquée par la « haine de soi » ;

- « la pente savonneuse » - exemple : un ministre sous entend que laisser faire ces militant-es antiracistes mènera au fascisme comme dans les années 20 ;

- « l’appel à la terreur » - exemple : un ministre qui prétend qu’un stage syndical antiraciste est une force de destruction de la société occidentale ;

- « la généralisation hâtive » - exemple : un ministre affirme que tou-tes ces militant-es antiracistes sont communautaristes, et donc qu’ils et elles sont tou-tes complaisant-es avec le fondamentalisme islamiste, et donc qu’ils et elles veulent tou-tes détruire et saper notre société.

Blanquer se livre ici a un bel exercice de confusionnisme6, méthode qui vise à tout mélanger pour empêcher une analyse rationnelle des faits.

Il omet également de dire que son administration a interdit à des personnels du 93 de participer à notre dernier stage, et ce de manière totalement illégale7. Pour cela nous irons au tribunal #onlacherien.

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1. https://sudeducation93.org/-Formation-syndicale-.html
2. Les applaudissements de Marine Lepen à 2:00 minutes : https://twitter.com/LCP/status/932984363033116673/video/1
3. https://www.lepoint.fr/politique/exclusif-jean-michel-blanquer-son-programme-pour-relancer-le-quinquennat-de-macron-24-04-2019-2309392_20.php
4. https://sudeducation93.org/SUD-education-93-un-syndicat-de.html
5. Les paralogisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paralogisme#Paralogismes_informels et https://www.luxediteur.com/catalogue/petit-cours-dautodefense-intellectuelle/
6. Le confusionnisme : https://fr.wiktionary.org/wiki/confusionnisme
7. https://sudeducation93.org/Museler-les-personnels-meconnaitre-le-droit-mepriser-la-loi-Bienvenue-dans-l.html

Extrait de la prose du ministre : « Cette dérive identitaire et communautariste est l’un des sujets les plus graves de notre époque. Notre interaction avec les autres est à la fois ce qui nous définit et ce qui définit notre liberté. Il faut être très attentif à toutes les idéologies qui détruisent le collectif au profit de la communauté. La société française n’est pas assez consciente du danger que représentent ces façons de penser, qui véhiculent en réalité un nouveau racisme et un nouvel antisémitisme. Je ressens cela nettement comme des forces de destruction auxquelles il faut opposer la force de la vie. La complaisance vis-à-vis du fondamentalisme islamique et plus généralement vis-à-vis de tout ce qui sape les sociétés occidentales est une figure psychologique de la haine de soi et une résurgence politique du nihilisme ; autrement dit, ce qu’il faut combattre si nous voulons un monde meilleur pour nos enfants. J’ai dû m’insurger à deux reprises contre les initiatives nauséabondes du syndicat SUD93 d’organiser des réunions dites « racisées ». Ce vocabulaire est ignoble et la pensée faible qui charrie tout cela a malheureusement de forts bastions. Cette violence latente nous oblige à être lucides. C’est un grand enjeu intellectuel et politique de prendre la mesure de ce défi, car les personnes qui pensent ainsi ont développé des fiefs dans le monde politique, culturel, universitaire… Ne pas le voir, c’est un peu comme s’aveugler sur la montée du fascisme dans les années 1920. »