SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | AESH, AED, AP | Agent-es | Contractuel-les enseignant-es | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Plainte antiracisme | Stagiaires | Supérieur | Réforme des retraites | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence | Réforme du lycée | COVID-19 |

Découvrir SUD éducation 93

Agenda


Courrier à l’ARS - DD 93
Article publié le 17 septembre 2020

SUD Éducation 93
9-11 rue Génin,
93200 Saint-Denis
01.55.84.41.26/06.88.66.47.23
contact@sudeducation93.org

A l’attention de Sylvaine Gaulard, directrice de la délégation départementale de Seine-Saint-Denis
et de Cédric Laperteaux, directeur adjoint
DD 93 - Département établissements de santé
Immeuble l’Européen, 5-7, promenade Jean Rostand,
93000 Bobigny

Saint-Denis, le 17/09/2020

Objet : action de l’ARS au sein de l’institution scolaire

Madame, Monsieur,

Syndicat des personnels de l’Éducation Nationale exerçant en Seine-Saint-Denis, nous souhaitons vous interroger sur l’action de l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France pour lutter contre la propagation du virus du COVID-19 au sein de l’institution scolaire.

D’une part, les critères de définition des cas contacts, qui déterminent si oui ou non des classes ou des élèves qui seraient suspecté·es ou testé·es COVID + doivent être renvoyées à la maison en attendant un dépistage, nous semblent faire l’objet d’une application hétérogène, parfois contradictoire. Cela nourrit le sentiment que les mesures prises ne sont pas cohérentes.

En effet, selon les témoignages qui remontent, des classes restent parfois ouvertes quand il y a un ou plusieurs cas avérés, d’autres sont parfois fermées pour de simples suspicions. Ces différences de traitement ne se rencontrent pas seulement entre des élèves de tranches d’âge différents, ce qui pourrait expliquer des prises en charge adaptées. Elles se rencontrent entre élèves de lycée aussi, donc de même âge.

Votre administration est déterminante dans le circuit de décision qui conduit à l’isolement ou non de cas contacts. Sans lisibilité de vos critères, ces décisions empêchent qu’elles soient acceptées, nourrissent l’incompréhension et l’angoisse, donnent l’impression d’une impréparation et d’un amateurisme incompatible avec la crise sanitaire en cours. C’est la raison pour laquelle il nous paraît indispensable de communiquer sur ces critères et d’expliquer les traitements différenciés.

D’autre part, nous ne comprenons pas pourquoi depuis mars, rien ne semble avoir été anticipé pour donner les moyens d’un dépistage à la hauteur de la crise qui nous frappe et d’assurer un circuit de dépistage adapté aux établissements scolaires, lieux de brassage social parmi les plus importants. Des personnels infirmiers pourraient avoir été recrutés afin d’assurer sous forme de brigade volante des prélèvements à la sortie des écoles et des établissements où on compte des cas avérés. Des investissements auraient pu être faits, en partenariat avec des laboratoires privés ou des CHU, pour augmenter l’équipement et recruter des biologistes afin de faire face à l’explosion de la demande en tests PCR. Ainsi, un circuit spécifique aux personnels et usagers et usagères de l’Éducation nationale aurait pu se dessiner, qui se justifie au vu des risques de foyers de contamination que représentent les établissements scolaires, et d’une plus grande réactivité permettant un retour en classe, qui est un des objectifs poursuivis. Un tel circuit ne s’oppose pas, bien au contraire, à des moyens supplémentaires pour le dépistage en population générale, moyens que nous demandons aussi. D’autres dispositifs sont certainement envisageables.

Mais au lieu d’une véritable politique de santé publique, c’est à la seule responsabilité individuelle des personnels et familles que vous en appelez. Cela nous semble déjà un abandon de vos missions. C’est par ailleurs injuste : la responsabilité individuelle se heurte aux déterminants sociaux et aux inégalités en santé. C’est enfin inefficace pour faire face à la pandémie.

C’est la raison pour laquelle il nous semble indispensable que vous agissiez enfin sur l’offre de dépistage en augmentant les moyens généraux pour toute la population et en proposant un dispositif adapté à l’institution scolaire, qui réduise l’engorgement actuel et permette aux personnels et aux élèves de retourner au plus vite en classe, ou d’être pris-es en charge précocement. Parallèlement aux suggestions que nous venons de faire, la validation possible par la Haute Autorité de Santé de nouveaux tests de l’antigène, certes moins fiables mais plus rapides, ou de modes de prélèvement plus simples pour la PCR, vous donne de nouvelles opportunités.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées,

SUD Éducation 93