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Déclaration liminaire du CHSCTD du 17 juin 2021
Article publié le 17 juin 2021

Monsieur le Président du CHSCTD,

Mesdames et messieurs les membres du CSHCTD,

Pendant bientôt un an et demi, notre département a subi de plein fouet la crise sanitaire et les conséquences de sa gestion par l’État. Faute de mesures protectrices contre le coronavirus, les mises en éviction d’élèves et de personnels et les fermetures de classe ont été massives. Les élèves de Seine Saint Denis ont perdu des centaines d’heures d’apprentissage, particulièrement dans le 1erdegré, où les élèves ont été renvoyé·es chez elles et eux, faute d’enseignant·esremplaçant·es. Face à ce constat, le ministère choisit de supprimer des postes en collège et enlycée, et ne recrute pas de personnels de remplacement.

Cette crise exacerbe les difficultés déjà connues par un département chroniquement sous-doté en personnel médico-social. Les postes de RASED, d’infirmières, d’assistantes sociales, de psy-ENet d’AESH ne sont pas remplacés ou sont mutualisés. Les élèves en situation de handicap subissent les conséquences du déploiement des PIAL qui réduisent leur temps d’accompagnement, et dégrade les conditions de travail des AESH. Vous déplorez ne pas arriverà recruter des personnels AESH. Comment s’en étonner, au regard de la précarité du métier et deses conditions d’exercice ? Nous revendiquons, pour les AESH, un statut de fonctionnaire, un temps plein à 24h avec des temps de concertation inclus dans le temps de travail, une formation initiale et continue et l’abandon des PIAL.

Cette crise exacerbe les difficultés d’un département empétré dans une gestion chaotique de son passé industriel : bâtiments vétustes, amiantés, construits sur des sols pas ou mal dépollués.... Il faut évacuer le bâti toxique et reconstruire, vite.... C’est oublier les élèves et les personnels, qui doivent s’adapter aux chantiers, en subissent les nuisances sonores, respirent les poussières toxiques et les dégazages générés par les démolitions « lourdes ».

Nous, représentant·es syndicaux·les, sommes les témoins quotidiens de la souffrance au travailde nos collègues et de faits révélant une organisation du travail pathogène. L’administration refuse de nous écouter, joue l’apaisement, écarte celles et ceux qui le dénoncent haut et fort. Elle écarte notre camarade et militante pédagogique où elle s’est investie corps et âme, en la forçant à muter. Elle ignore les alertes de notre élu au CHSCTD, sur les violences qu’il subit de la part de sa hiérarchie. Nous dénonçons ces actes de répression syndicale.

Nous, représentant·es syndicaux·les, recevons la parole de nos collègues, victimes ou témoins deviolences sexistes et sexuelles. Le ministère a signé un plan d’action national pour la période de 2021 à 2023, prévoyant notamment le principe de la « tolérance zéro à l’encontre des auteurs dediscriminations, actes de violences, de harcèlement moral et sexuel et d’agissements sexistes », conformément à l’application de la circulaire du 9 mars 2018. Lors de l’audience du 2 décembre2020, vos services se sont engagés à mettre en place :

- une enquête auprès des personnels pour établir des indicateurs et sensibiliser les personnels

- un plan ambitieux de formation et de prévention pour les personnels et les élèves

- des mesures de protection et d’accompagnement des victimes.

Or, l’administration ne répond pas à nos alertes, étouffe, voire nie des faits avérés de violencesfaites aux femmes, des faits avérés de violences sexuelles sur mineurs. Elle refuse d’étudier lesfaits, écarte les lanceurs·ses d’alerte, refuse de dialoguer avec notre organisation. Les personnels ont fait de notre syndicat la 4e organisation la plus représentative du département avec plus de 10% des suffrages. A ce titre, et alors que nous ne faisons qu’agir pour la protection des personnels et des élèves et dans le respect de la loi et du cadre réglementaire, notre parole doit être entendue.

Tout comme elle doit l’être dans l’enquête sur le suicide de Christine Renon : Démarrée un an après les faits, cette enquête s’est achevée en décembre 2020 il y a plus de 6 mois et la restitution du rapport d’enquête est retenue par vos services. Pour les personnels de la Seine Saint Denis, ce délai est incompréhensible.

Nous continuerons à porter la voix des personnels, témoins, victimes, lanceurs·ses d’alerte.

Nous continuerons à nous mobiliser avec les personnels pour un plan d’urgence pour la Seine-Saint-Denis.

Nous continuerons à nous battre pour des conditions de travail et d’apprentissage dignes pour lespersonnels et nos élèves.

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