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L’école publique dans le 93 est dans une situation plus que préoccupante !
Article publié le 1er décembre 2021

Alors que la fin du premier trimestre approche nous ne pouvons que constater que l’école publique dans notre département est dans une situation plus que préoccupante. La pénurie de moyens à tous les niveaux se conjuguant à une crise sanitaire qui n’en finit pas et qui dégrade toujours plus les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves.

Nous en sommes à la 5me vague de contamination. Tous les indicateurs de contamination sont à la hausse mais la transmission par aérosol dans les lieux clos et les salles de classe en particulier ne semble toujours pas être un sujet de préoccupation alors qu’elle est le principal vecteur de transmission du virus. Dans bon nombre d’établissements, les systèmes d’aération sont défectueux et les capteurs de CO2 sont quasi inexistants.

Pourtant nous n’avons eu de cesse d’alerter, avec d’autres, sur la nécessité d’anticiper les conséquences prévisibles de cette crise sanitaire, en particulier en matière de recrutement des personnels et d’équipement des écoles pour prévenir les contaminations. En vain.

Depuis des années nous listons les urgences en matière d’éducation auxquelles doit faire face notre département. En vain.

Et la liste des moyens manquants est longue.

Au collège Descartes de Tremblay il y un demi poste d’infirmière et d’assistant.e.s qui sont non pourvus. Pas de poste de psychologue non plus.

Au collègue République de Bobigny, l’enseignant de technologie n’est pas remplacé depuis plusieurs semaines.

Au collège Michelet de St Ouen, l’assistante sociale n’est pas remplacée et il n’y a pas d’infirmière. Le professeur d’allemand est arrivé la semaine dernière.

Au collège du parc d’Aulnay toujours pas d’infirmière et une assistante sociale à mi temps partagée avec un autre collège plutôt surchargé.

Au collège Cotton du Blanc Mesnil pas d’infirmière ni de psychologue.

Une enseignante de français est en attente d’être remplacée.

Au collège de la Courtille de St Denis, il manque un.e professeur.e d’anglais depuis le début de l’année et deux classes de 3me n’ont pas eu anglais depuis le début de l’année scolaire et il n’y a plus d’assistance sociale.

Au collège Elsa Triolet toujours à Saint Denis, il manque un poste d’infirmier-e à temps plein pour les 530 élèves. Il manque également des professeur.e.s de musique et de physique chimie. Des élèves de 3emes n’ont pas cours de physique depuis le début de l’année. Les enseignant.e.s contractuel.le.s recruté.e.s ne sont pas resté.e.s. On se demande pourquoi.

Au collège Balzac de Neuilly-sur-Marne), il manque un poste de secrétaire d’intendance et un poste d’ d’AED alors que ce collège a eu deux classes supplémentaires.

Au collège Lavoisier à Pantin, les élèves ont attendu un.e professeur.e de français pendant deux mois et il manque un.e professeur.e d’histoire géographie depuis le retour des congés de la Toussaint.

Dans beaucoup de circonscriptions du premier degré, les RASED sont incomplets, les infirmières sont en nombre insuffisant, des heures d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap ne sont pas pourvus et des centaines de demi journée d’absence non pas été remplacées.

La situation du remplacement est tellement catastrophique qu’il a été décidé par les services départementaux que les enseignant.e.s des classes dédoublées ne seraient remplacé.e.s qu’à partir de 15 jours d’absence et que les élèves peuvent être regroupés dans une même classe. Ce qui n’est ni plus ni moins la mise en œuvre d’une forme de remplacement à l’interne.

Jusqu’à quand les personnels de ce département vont ils et elles subir et palier ce manque de moyens permanent qui dégrade leurs conditions d’exercice ?

Quand va t-on respecter les droits à l’éducation des élèves de ce département ?

Quand l’état va t-il donner, à ce département les moyens réels de lutter contre les inégalités sanitaires, scolaires et sociales ?

Le vote du projet de loi de finances pour 2022 nous confirme malheureusement que l’éducation n’est pas la priorité de ce gouvernement. Le budget annoncé est en effet largement en-deçà des enjeux auxquels est confronté le système éducatif, épuisé par cinq années de refus du gouvernement de donner au service public d’éducation les moyens de fonctionner correctement et de garantir l’égalité de traitement des élèves sur le territoire. À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement :

-pas assez de personnels médico-sociaux (un médecin pour 12 000 élèves),

-pas assez de personnels AESH pour accompagner les élèves en situation de handicap ;

-dans le second degré, le budget prévoit la suppression de 500 postes d’enseignant·es. Cela porte à 8 000 le nombre de postes supprimés dans le second degré dans un contexte de hausse démographique ;

-dans le premier degré, il n’y a pas assez de moyens pour recréer les postes de RASED dont les écoles ont besoin, les augmentations de salaire sont insuffisantes et limitées à des mesures catégorielles ;

-encore du mépris pour les AED : alors que les parlementaires avaient adopté un amendement visant à verser l’indemnité REP aux AED, le ministre a empêché la mesure d’aboutir et entend proposer aux AED, déjà à 41h à temps complet, de faire des heures supplémentaires pour améliorer leur rémunération : quelle honte !

Les AESH se sont quant à elles et quant à eux massivement mobilisé·es le 19 octobre dernier pour la reconnaissance de leur métier avec la création d’un vrai statut avec un vrai salaire et pour l’abandon de la politique de mutualisation des moyens dans les PIAL. Pour une école réellement inclusive, il est urgent de créer un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH, d’abandonner les PIAL et de titulariser les personnels précaires. Et, au-delà, c’est un plan d’urgence dans l’éducation dont nous avons besoin avec :

• des recrutements massifs afin de diminuer les effectifs en classe,
• des recrutements de personnels médico-sociaux
• un accent mis sur la formation continue des personnels,
• des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâti scolaire pour faire face aux enjeux sanitaires et climatiques des années à venir.

À rebours de ces mesures nécessaires pour améliorer les conditions d’étude des élèves et les conditions de travail des personnels, nous assistons aujourd’hui à une surenchère délétère dans la fustigation des enseignant·es et la banalisation, dans le débat public, des idées réactionnaires, racistes et xénophobes.

M. Blanquer en dénonçant des ennemi·es de l’intérieur au sein de l’éducation, en pointant du doigt de prétendu·es adversaires des valeurs de la République, en instrumentalisant à outrance le principe de laïcité ou en refusant encore récemment de condamner la couverture outrancière d’un magazine qui dénonçait l’endoctrinement à l’œuvre dans les classes, porte en cela une lourde responsabilité et a plus d’une fois donné à l’extrême-droite le bâton pour battre les personnels de l’éducation.

Or, comme SUD éducation l’a rappelé dans une tribune avec la FSU, la CGT éduc’action et l’Unsa éducation, nous sommes convaincu·es que la résistance aux idées d’extrême droite est bel et bien indissociable des aspirations qui président aux métiers de l’Education. L’extrême-droite ne porte aucune proposition sociale : dans le champ de l’école, les partis d’extrême-droite ne disent rien des véritables difficultés d’un service public d’éducation mis à mal par des années de politiques libérales. Au contraire, l’extrême-droite porte le retour à une école de la ségrégation sociale à partir d’une vision fantasmée de l’école de la IIIe République, qui scolarisait séparément les enfants des classes populaires et les enfants des classes supérieures, qui maintenait les inégalités entre hommes et femmes et qui défendait la colonisation.

En ces temps sombres pour l’école, SUD éducation appelle les personnels de l’éducation à s’unir contre les idées nauséabondes des fossoyeurs de l’école publique, laïque, gratuite, et émancipatrice.

 

 

Déclaration liminaire CDEN 25 novembre 2021