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LOI RILHAC : APPEL DES ECOLES DE MARSEILLE A BOYCOTTER L’EXPERIMENTATION BLANQUER/MACRON ! 
Article publié le 29 septembre 2021

Nous, Equipes pédagogiques des écoles signataires refusons d’entrer dans l’expérimentation proposée par Emmanuel Macron le 2 septembre dernier à raison que nous considérons qu’elle organise de fait la casse de l’Ecole publique républicaine. Et nous appelons l’ensemble des écoles à boycotter massivement cette proposition. Une expérimentation a par définition vocation à être généralisée. Les incidences de cette proposition sont multiples et profondément néfastes. 

Il est inconcevable pour nous d’accepter que les directeurs.trices puissent choisir les équipes pédagogiques. 

Cela impliquerait la fin d’un mouvement des personnels fondé sur des critères communs (barème) assurant pour chaque enseignant.e la possibilité égale aux autres d’accéder au cours de sa carrière aux postes de son choix. 

Cela inféoderait tout au long de leur carrière les enseignants à des entretiens d’embauche, contribuant à les museler pour rester « recrutables » à leur prochaine mutation. 

Cela donnerait un pouvoir énorme au directeur/à la directrice, supérieur hiérarchique de fait et subordonnerait par voie de conséquence les adjoint.es. 

C’est enfin une proposition qui a fait la preuve de son inefficacité. Il y a quelques années, l’expérience des collèges ECLAIR où les principaux recrutaient des enseignants sur profil avait vite été arrêtée. En Suède, la libéralisation de l’Ecole sur ce modèle a conduit à un effondrement de la qualité du système éducatif. 

C’est enfin évidemment un pas important vers la privatisation de l’Education nationale et vers la casse du statut de fonctionnaire. 

Par ailleurs, et loin d’apporter une quelconque réponse, le recrutement des enseignant.es par les directeurs.trices ne résoudra en rien la qualité de l’Ecole dans les quartiers défavorisés. 

Mais il est aussi inconcevable pour nous d’accepter la logique de contractualisation des moyens 

Nous considérons que la République doit par essence donner à toutes ses écoles et donc à tous ses élèves les moyens d’un enseignement de qualité, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Soumettre ces moyens à l’écriture de projets, c’est déjà accepter que tous n’y auront pas accès. Nous réclamons les moyens de nos ambitions pédagogiques sans condition. Nous nous indignons d’être assignés à les quémander. 

Il est enfin inconcevable pour nous d’accepter l’explosion du cadre de l’Ecole républicaine 

L’enjeu pour nous n’est pas d’avoir des rythmes scolaires, des temps de récréation, des temps sportifs, des temps culturels spécifiques à chaque école mais que chaque école ait les moyens de l’excellence dans un cadre commun garant d’un égal accès au service public d’Education pour chaque élève, des conditions de travail équivalentes pour les enseignant.es. 

Pour finir, le chantage « moyens supplémentaires » contre « déréglementation de l’Ecole et casse du statut » nous parait odieux ! Puisque vous identifiez les enjeux de la liberté pédagogique, de la nécessité de moyens supplémentaires pour accueillir les élèves allophones ou celle de l’aide à la 

direction d’école, choses que nous réclamons depuis si longtemps, donnez-nous ces moyens nous sommes preneurs. Nous y ajouterons des RASED complets, des AESH en nombres suffisants, des secrétaires de direction, des infirmières scolaires, les moyens de nos projets pédagogiques… et ici à Marseille des ATSEM en nombres suffisants. Et si vos constats et votre volonté sont réels, alors donnez-les mais à tous et sans casser le service public ! 

Nous affirmons par ailleurs que le plan de rénovation des écoles tant attendu est une nécessité impérieuse, une reconquête de la dignité pour nous et nos élèves et qu’elle ne saurait être sujette à des contreparties. 

Au regard des enjeux forts contenus dans cette expérimentation, 

Au regard du délai révoltant offert par l’administration qui souhaite boucler une liste de candidatures en quelques jours sans que rien n’ait été défini, 

Nous appelons toutes les écoles de Marseille à nous rejoindre dans le boycott de cette expérimentation et à construire avec nous un projet commun de l’Ecole émancipatrice que nous souhaitons pour nos élèves. 

Premiers signataires : Bouge Maternelle (13ème arr.), Bouge Elémentaire (13ème arr.), Busserine Maternelle (14ème), Busserine Elémentaire (14ème), Cadenat Elémentaire (3ème), Clair Soleil Maternelle (14ème), La Soude Mat (9ème), Neuve Ste Catherine mat (6ème), Vayssière 1 Elementaire (14ème), Vayssière 2 maternelle (14ème), Bonneveine 2 Elem (9ème), Chanterelle Elementaire (1er), Chanterelle Maternelle (1er), Corot Maternelle (13ème), Elémentaire Calanques de Sormiou (9ème), Flammants Elémentaire (14ème), Merlan Cerisaie Elementaire (14ème), Merlan Village Maternelle (14ème), Merlan Village Elementaire (14ème), Busserade Elementaire (3ème), Busserade Maternelle (3ème), Canet Jean Jaurès Maternelle (14ème), Belle de Mai Maternelle (3ème), Flamants Maternelle (14ème), Saint-Louis Le Rove Maternelle (15ème), Saint-Louis Le Rove Elémentaire (15ème), National Elementaire (3ème), Maternelle Pommier (3ème), Chevalier Paul Elementaire (3ème), Sinoncelli Maternelle (14ème), Clair Soleil Elemntaire (14ème), Bonneveine 1 Elementaire (8ème), Elementaire Granados (9ème), Chutes Lavie Maternelle (4ème), Maternelle Parmentier (1er), La Baume Elementaire (9ème), La Baume Maternelle (9ème), La Sauvagère (10ème), Canet Ambrosini Maternelle (14ème), Les Bergers Maternelle (6ème)…