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Le Choix de l’école : le développement d’une officine néolibérale dans nos établissements
Article publié le 13 octobre 2021

En cette rentrée 2021 marquée par la mobilisation des contractuel·les qui se sont vu·es signifier en nombre le non-renouvellement de leurs contrats, des équipes enseignantes découvrent avec stupeur le remplacement de leurs collègues contractuel·les par des membres du dispostif Le Choix de l’école. Ainsi, au collège Jean Vigo l’équipe lutte pour le maintien de son collègue contractuel en poste depuis quatre ans, remplacé à la dernière seconde par un membre du Choix de l’école.

Mais qu’est·ce que Le Choix de l’école ?

Ce dispostif, issu de Teach for France, lui-même né de Teach for America, a vu le jour en 2015, et dit recruter de jeunes diplômé·es de grandes écoles, comme Sciences Po ou HEC, pour occuper des postes vacants pendant deux ans dans des collèges appartenant au réseau d’éducation prioritaire dans les académies de Créteil, Versailles, Paris, et Aix-Marseille.

Son financement par des banques comme la Société générale, des compagnies d’assurance comme AXA et des multinationales comme Total laisse à penser que l’école serait pour elleux une voie de transmission de l’économie de marché et des méthodes manageriales.

Nous avions déjà alerté en 2018 sur les dangers d’un tel dispositif. Trois ans plus tard, nos inquiétudes se confirment et le dispositif s’est massifié. Ainsi, ce sont 50 % des collèges de Seine-Saint-Denis qui ont accueilli au moins un·e enseignant·e issu·e du Choix de l’école pour 270 enseignant·es concerné·es, selon leurs propres dires.


Quelles problématiques entraîne un tel dispositif ?

Tout d’abord, il met à mal la stabilité des équipes : contrairement à ce qu’annonce l’association, les enseignant·es du Choix de l’école placé·es par le rectorat n’occupent pas toujours des postes vacants. Ainsi, au collège Robespierre d’Epinay, à la rentrée 2020, deux contractuel·les en poste de longue date dont l’une était en CDI, ont été déplacé·es.

Par ailleurs, les enseignant·es du Choix de l’école ont vocation à n’occuper leur poste que deux années au maximum, ce qui fragilise encore la stabilité des équipes. Face à l’équipe du collège Jean Vigo, le rectorat a reconnu et assumé le caractère dérogatoire de cette procédure de recrutement. Alors que la disparition des commissions paritaires a été actée, les procédures d’affectation sont de plus en plus opaques.

Heureusement, dans certains établissements la mobilisation des équipes a payé : au collège Jean Vilar de Villetaneuse, elle a permis le maintien d’un collègue contractuel en poste depuis 8 ans.

Se pose ensuite la question de la formation de ces enseignant·es. En effet, les personnel·les recruté·es par Le Choix de l’école ne bénéficient pas d’une formation disciplinaire sérieuse et échappent au contrôle des connaissances que garantissent la certification des titulaires et les diplômes disciplinaires des enseignant·es contractuel·les. Ce dispositif accompagne la casse globale du service public et des statuts de ses personnel·les : Le Choix de l’école entérine le principe de privatisation de la formation des enseignant·es.

En revanche, iels bénéficient d’une formation qui serait spécifique à l’éducation prioritaire dans les quatres académies concernées. Y aurait-il besoin d’une didactique particulière pour enseigner dans certains territoires ?

Pourtant, ce que nous constatons au quotidien sur nos lieux de travail, c’est avant tout un manque de moyens. La priorité ne devrait-elle pas être l’amélioration des conditions d’études des élèves, et des conditions de travail et de formation des personnel·les, plutôt que le recrutement externalisé de contractuel·les ?

Ce dispositif est, en outre, financé en partie par des subventions publiques : là où nous manquons cruellement de moyens, le ministère choisit d’offrir l’argent public à une officine privée.


Sud Education revendique :
· l’arrêt immédiat du recours au dispositif Le Choix de l’école
· une réelle formation initiale et continue pour les titulaires comme pour les
contractuel·les
· la titularisation de tout·es les contractuel·les sans condition de nationalité
· un plan d’urgence pour la Seine·Saint·Denis avec un recrutement massif de
personnel·les