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Les bâtiments scolaires, un enjeu écologique de taille
Article publié le 21 novembre 2019

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Avec 280 millions de m2 les établissement scolaires représentent 30% de la consommation en énergie des bâtiments communaux. Face à cette réalité, les conseils régional et départemental multiplient les déclarations d’intention à travers des plans d’action et tentent de convaincre l’opinion de la sincérité de leur engagement dans l’éco-construction. Le département de Seine-Saint-Denis a par exemple lancé en 2017 un plan nommé « Plan d’action pour la transition écologique », avec pour projet pour l’année 2020 de végétaliser les espaces extérieurs des crèches, de baisser de 20% la consommation énergétique, de végétaliser les toitures, de réemployer le mobilier grâce à une plateforme de dons et de revente aux associations et aux particuliers de son mobilier et petit équipement usagé... Quel est donc le bilan de ce plan ? Qu’a-t-on vu concrètement dans nos établissements ? Soyons francs : pas grand chose.

Il existe pourtant en France depuis les années 90 la norme HQE (« Haute Qualité Environnementale ») qui vise à intégrer dans le bâtiment les principes du développement durable, principes qui doivent s’appliquer lors de la construction, du fonctionnement et de la déconstruction. L’ADEME (Agence de l’ Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) qui détient la licence exclusive HQE a par exemple montré que la consommation énergétique d’un collège HQE de l’Hérault est inférieure de 12 à 34% à celle d’un collège classique.

Elle a aussi publié en 2015 plusieurs scénarios pour une production énergétique 100% renouvelable d’ici à 2050. Pour exemple l’un d’entre eux propose 63% d’éolienne, 17% de solaire, 13% d’hydraulique, 7% de géothermique et de thermique renouvelable. Le mégawattheure ne coûterait alors que 2 euros de plus que dans le scénario envisagé par la loi de transition énergétique.
Ce rapport qui aurait dû sortir au moment où la loi sur la transition écologique passait au vote à l’Assemblée a été ajourné. Il nous faut préciser que l’ADEME est sous tutelle du préfet…

Alors comment les établissements scolaires peuvent ils intégrer ces normes ? Et comment pouvons-nous œuvrer afin que cela puisse se faire dans des délais plus courts ?

Il faut d’abord examiner la question de l’énergie que peuvent produire les établissements pour leur propre consommation : les panneaux solaires sont une réponse à condition de pouvoir utiliser des composants recyclables, la géothermie est une autre piste à envisager mais rien ne semble à l’ordre du jour de ce côté là alors même que les surfaces sur les toits et au sol sont importantes…


Il ne faut pas oublier que tout ceci dépend également et surtout d’une meilleure maîtrise de la consommation en énergie. Cela passe bien sûr par une meilleure isolation de l’ensemble des bâtiments qui doit faire suite à un diagnostique précis communiqué aux conseils d’administration des établissements. Il y a de nombreuses autres solutions à notre portée : l’utilisation d’éclairage à basse consommation, les toits végétalisés, des éclairages gérés par une centrale technique en fonction de la lumière extérieure, une gestion de l’eau avec une récupération des eaux fluviales pour les toilettes et l’arrosage...

Les épisodes de fortes chaleurs deviennent presque banals en ville, où les phénomènes de canicule sont de plus en plus nombreux. Les cours de récréations sont des îlots de chaleur urbaine (ICU) car bétonnées et bitumées et qui avec leur matériaux minéraux absorbent et retiennent la lumière du Soleil. On pourrait donc réaménager ces lieux, les végétaliser et les rendre accessibles en dehors du temps scolaire à la population.

Il y a urgence à appliquer ces normes éco-durables. Le parc immobilier ne peut attendre d’être renouvelé dans sa totalité ou que les établissements tombent en décrépitude.

La région a bien sûr les moyens financiers de mettre en œuvre ces aménagements si cela devenait devenir une priorité. Le département lui, comme trop souvent, va arguer du manque de moyen pour ne pas agir. Il ne s’agit en vérité que d’une volonté politique qui détachée des échéances électorales permettrait un investissement à long terme pour les élèves d’aujourd’hui et de demain.
Quelques expériences ont bien sûr déjà eu lieu : le premier édifice public isolé en paille est une école d’Issy-Les-Moulineaux dans les Hauts de Seine. La première ayant des murs porteurs en paille est à Rosny-sous-Bois en Seine Saint-Denis. Le premier lycée ayant une démarche environnementale globale est à Calais et le premier lycée en ventilation naturelle se trouve à Montpellier.


Sur Paris il est prévu que d’ici 2030 toutes les cours seront réaménagées, végétalisées pour faire de l’ombre, avec des revêtements innovants qui retiennent l’eau et deviendront accessibles à la population dans le cadre d’un Plan Climat Paris. Qu’en sera-t-il des cours de récréation dans les établissements du 93 ?

Sources : reporterre.net : cafepedagogique.net ; seinesaintdenis.fr


Nous revendiquons

- le développement de la production d’énergie renouvelable sur site (panneaux solaires…)

- la systématisation des diagnostiques énergétiques des bâtiments dont les résultats doivent être communiqués aux usagers et personnels

- la maîtrise des consommations : isolation de l’ensemble des bâtiments, mise en place d’éclairage à basse consommation et « intelligents », toits végétalisés, ventilation naturelle, récupération des eaux fluviales...

- la végétalisation des cours de récréation qui doivent être accessibles en dehors du temps scolaire à la population en cas de fortes chaleurs