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Non à la répression ! Communiqué section Sud 93 lycée Angela Davis
Article publié le 2 avril 2021

Le lundi 22 mars 2021, quatre enseignant.e.s du lycée Angela Davis de
Saint-Denis ont été convoqué.e.s au rectorat de Créteil pour un motif complètement flou (« au regard de votre situation professionnelle » [sic]). Cette convocation au Rectorat fait suite à des rapports disciplinaires établis par la direction de l’établissement au cours des derniers mois, notamment après les grèves sanitaires de novembre dernier. Ce jour-là, deux collègues se sont rendus à cette convocation, les deux autres étant en arrêt de travail. Face à l’inanité de cette situation, un rassemblement a été organisé devant le rectorat.

Nous contestons ces rapports dans le fond (accusations infondées, excessives et/ou mensongères) et dans la forme (rapports établis plusieurs semaines après les faits, alors que les collègues avaient déjà eu l’occasion de s’entretenir avec la direction sur les mêmes événements). Notons aussi que dans un contexte politico-médiatique particulièrement délétère, deux rapports sont liés à la « non application du principe de laïcité ».

Nous nous alarmons de la décision du Rectorat de Créteil de poursuivre une telle procédure pour des faits dérisoires, à l’encontre de personnels reconnu.e.s pour leurs compétences et leur investissement dans leur établissement et au service de la réussite des élèves. Est-ce la réponse de la mission d’expertise de l’inspection générale diligentée sur notre établissement par le ministère l’année dernière et dont nous n’avons eu aucun retour ? 

Nous nous inquiétons d’autant plus, que cette procédure vise des représentant.e.s syndicaux.ales et du Conseil d’Administration, garant.e.s du dialogue social au sein de nos établissements.

Alors que l’institution devrait reconnaître la valeur de ces professeur.e.s, engagé.e.s au service de leurs élèves au-delà de leurs enseignements disciplinaires (projets, sorties, options multiples). Alors que nous faisons toutes et tous face à des conditions de travail de plus en plus dégradées et que nous persistons à nous investir chaque jour dans nos missions malgré les difficultés et souffrances engendrées, qui plus est dans un contexte sanitaire difficile, nous constatons que c’est la voie de l’intimidation et de la suspicion qui est choisie en rien celle de la confiance. 

Nous nous inquiétons de la dégradation inquiétante du dialogue entre les membres du personnel enseignant et la nouvelle direction du lycée Angela Davis et que les menaces de sanction, les mails envoyés de nuit, les courriers, les rapports, les venues impromptues dans les classes…se soient purement et simplement substitués aux échanges. 

Le mouvement de grève de novembre dernier a été notamment déclenché suite à un refus catégorique de la direction de nous laisser discuter entre collègues de la mort de Samuel Paty et de mettre rapidement en place un protocole sanitaire avec dédoublement des classes. La demande des enseignants d’une formation à propos de l’application des règles sur la laïcité est également restée lettre morte.

Plus largement, la situation préoccupante que nous vivons génère des angoisses, et une fatigue psychologique et physique qui exigeraient une bienveillance accrue. Or, le nombre alarmant d’arrêts de travail au sein de la communauté éducative du lycée - qui n’ont pas seulement traits à la situation sanitaire - nous interpelle.

Par cette convocation, au-delà d’elles et eux, c’est l’ensemble des personnels enseignant.e.s du lycée Angela Davis qui se trouve mis.es en cause et fragilisé.e.s, faute de sérénité dans notre cadre professionnel et de reconnaissance de notre engagement quotidien dans notre travail. 

Nous demandons donc l’arrêt immédiat des procédures engagées à l’encontre de tou.te.s nos collègues : nous serons très attentifs à ce que ces rapports, et ces convocations, n’aient aucune suite envers ces professeurs.