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Personnels méprisé·es, département abandonné : en grève le 26 janvier !
Article publié le 15 janvier 2021

Le ministre Blanquer a annoncé en grande pompe une augmentation de 400 millions d’euros (soit 29 euros bruts mensuels par agent-e) pour les personnels de l’Éducation nationale inscrite dans le projet de loi de finances 2021. C’est une somme dérisoire rapportée aux plus de un million cent-trente-mille personnels dans l’Éducation nationale. Alors que les salaires stagnent voire baissent depuis de nombreuses années, l’heure est à la mobilisation pour imposer de réelles augmentations de salaires sans une nouvelle dégradation de nos conditions de travail.


Le Grenelle : une arnaque


La montagne de milliards d’euros évoquée par Blanquer durant le mouvement sur les retraites accouche d’une souris de 400 millions d’euros, essentiellement consacrée à des primes.

Une ”prime d’attractivité” qui ne concerne qu’une minorité de personnels

Le ministre prévoit une “prime d’attractivité” versée entre l’échelon 2 et l’échelon 7 de la classe normale aux enseignant-e-s titulaires, CPE et PsyÉN. Son montant sera dégressif, de 99€ nets mensuels environ à l’échelon 2 à 35€ à l’échelon 7. Cette prime sera déclinée pour les enseignant-e-s contractuel-le-s avec un montant plus faible encore. Les AED, AESH, personnels administratifs et enseignant-e-s stagiaires dont les salaires sont les plus bas se trouvent exclus du versement de la prime.

Des mesures catégorielles dérisoires

Le ministre prévoit d’autres mesures catégorielles dérisoires, comme la préennisation de la prime exceptionnelle de direction au lieu d’augmenter massivement les décharges de direction et d’embauche des aides administratives, et une augmentation minime du taux de promotion à la hors-classe des enseignant-e-s, de 17 à 18 %.


Un salaire qui baisse


Le salaire des personnels de la Fonction publique (titulaires ou contractuel·les) est calculé à partir de la valeur attribuée au point d’indice. Depuis 25 ans, l’augmentation de la valeur du point d’indice a été inférieure à l’inflation 21 fois. Rapporté à la situation de 1995, le salaire d’un-e professeure des écoles ou d’un·e certifié·e au 5e échelon (indice 476) est plus bas de 551 euros bruts constants !

Dans le même temps, certain·es agent·es comme les AED et les AESH perçoivent un salaire si bas que lorsque le SMIC est revalorisé pour tenir compte de l’inflation, leur salaire calculé sur la base de la grille indiciaire se trouve alors en-dessous du Smic. L’administration est alors obligée de verser une indemnité différentielle pour que les AED et AESH perçoivent le salaire minimum.


Des inégalités salariales femmes / hommes qui persistent


Le salaire net des enseignantes est inférieur de 13,9% à celui de leurs collègues masculins. Il existe plusieurs raisons à cela. Les HSA profitent essentiellement aux hommes, qui perçoivent 51% de rémunération liée aux HSA de plus que les femmes. De plus, les femmes sont plus souvent contraintes de prendre en charge la garde des enfants et sont bien plus souvent à temps partiel.


Crise sanitaire : l’éducation abandonnée


Dans le même temps, l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale se retrouvent confronté·es à une charge de travail en forte hausse et des conditions d’exercice compliquées par la situation sanitaire et la gestion chaotique et imrovisée qui en est faite. Alors que nous savions depuis le premier trimestre 2020 que nous allions devoir vivre longtemps avec le virus, rien n’a été anticipé pour la rentrée et le protocole sanitaire a même été assoupli pendant l’été ! Les dotations des établissements restent très insufisantes pour appliquer un réel protocole sanitaire et le ministère reste sur son idée d’en terminer mi-janvier avec les dédoublements imposés par la grève dans les lycées alors même que la situation reste critique. Au contraire il faut étendre cette mesure aux collèges qui le réclament et appliquer au plus vite le plan d’urgence réclamé depuis juin par SUD éducation.


Un plan d’urgence pour le 93


Ce plan d’urgence devra être spécifiquement renforcé dans le 93. Si la Seine-Saint-Denis a été frappée de plein fouet par l’épidémie il s’agit également de rattaper des années de retards en moyens. Les 3000 postes acquis par le mouvement de grève reconductible de 1998 ont été progressivement rognés : par la hausse démographique, par les suppressions de postes des années Sarkozy et la remise en cause des seuils, des heures 93.
Il faut injecter les moyens humains pour permettre de faire redescendre le H/E et ainsi baisser les effectifs par classe, mais également garantir un réel encadrement en créeant et en pourvoyant des postes de vie scolaire, d’AESH, d’administratif·ves, de personnel·les techniques, et médico-sociaux·ales (assistance sociale, infirmerie, psychologue). Enfin la Région et le Département doivent recruter des agent·es techniques. Ces créations de postes sont indispensables à la mise en place des dispositifs de prévention et d’aide et à la prise en charge des élèves de notre département, à la lutte contre la difficulté et l’échec scolaire et à la prise en charge des élèves en situations de handicap.


2021 : moyens en baisse


Les moyens annoncés par le ministre vont dans le sens d’une dégradation des conditions d’accompagnement des élèves : pas de création de postes d’enseignant-e-s spécialisé-e-s pourtant nécessaire dans le 1er degré et 86 suppression de postes dans le second degré dans l’académie. Ces postes supprimés seront remplacés par 2502h supplémentaires : cela signifie moins de personnels et une charge de travail supplémentaire !

Imposons dans chaque école, collège et lycée les créations de postes nécessaires !


Ensemble, revendiquons :


Pour SUD éducation, il est urgent d’obtenir satisfaction sur les revendications immédiates :

• l’indexation des salaires sur l’inflation pour garantir le maintien du niveau de vie des personnels ;

• l’intégration des primes et indemnités au salaire ;

• une augmentation significative des salaires, d’autant plus forte que le salaire de l’agent-e est bas, pour réduire les inégalités salariales.

• Un vrai protocole sanitaire

• Un plan d’urgence

SUD éducation revendique également dans le cadre du projet d’égalité salariale qu’elle porte avec l’Union syndicale Solidaires, une augmentation du Smic à 1700€ nets et la titularisation sans condition de concours ni de nationalité à temps plein de tous les personnels contractuels de l’Éducation nationale.

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Mobilisons-nous pour nos salaires, pour nos conditions de travail, pour les postes : exigeons la revalorisation et un autre budget pour l’Éducation !

Grève le 26 janvier 2021 !

La crise sanitaire a servi d’alibi à Jean-Michel Blanquer pour parachever le sabordage du service public d’éducation alors que tout nous conduit à l’exigence de plus d’école pour tou·tes les jeunes, dans un contexte où les inégalités continuent à se creuser et où les réformes menées par le ministre les aggravent. Or, le Parlement a adopté un budget qui, s’il était appliqué, aggraverait les coûts. En effet, il ne prend pas en compte la situation d’urgence créée par la crise sanitaire actuelle qui impose en particulier des mesures pour faire baisser les effectifs d’élèves par classe à court et moyen terme. Ce budget ne prend même pas la mesure de l’augmentation des effectifs prévue à la prochaine rentrée, ni de l’état de fatigue des personnels, épuisé·es par des années de dégradation des conditions de travail.

Dans l’académie de Créteil, dans le premier degré, la dotation est insuffisante pour créer des postes d’adjoint·es, d’enseignant·es spécialisé·es, de remplaçant·es... Dans le second degré, malgré une augmentation prévue du nombre d’élèves de 1,5 %, 86 postes seront supprimés.
Ces postes seront remplacés par 2 502 heures supplémentaires : cela signifie moins de personnels et une charge de travail accrue !
De même, aucun poste de personnels de vie scolaire, de personnels psycho-santé-sociaux, n’est prévu pour la rentrée 2021, malgré les besoins de plus en plus importants de nos élèves. Enfin, aucune réponse n’a été donnée à la demande de création de postes d’ATTE !

Il faut en urgence engager les recrutements nécessaires, notamment en recourant aux listes complémentaires et en réemployant tous les collègues contractuel·LEs aujourd’hui au chômage !

Dans le budget 2021, la nécessaire revalorisation des personnels ne trouve qu’une traduction minimale avec 400 millions d’euros prévus.
C’est très peu pour les personnels, et de fait l’essentiel des mesures proposées pour 2021 ne concerneront qu’une minorité de personnels.
Les AED et les AESH en particulier ne se voient rien proposer.
Le Grenelle du ministre est inacceptable, d’autant plus qu’il vise à modifier en profondeur le fonctionnement de l’école, les missions et les statuts des personnels de l’Éducation nationale.

Les syndicats signataires du 93 revendiquent :
→ un budget qui renonce aux suppressions d’emplois, dégèle le point d’indice et engage un rattrapage des pertes salariales subies, grâce à un plan pluriannuel de revalorisation et de création de postes pour répondre à tous les besoins, en commençant par les plus urgents ;

→ un recrutement massif de personnels pour permettre un maintien des heures de cours pour les élèves de Seine-Saint-Denis : ouverture des listes complémentaires, réemploi immédiat de tous les collègues contractuels aujourd’hui au chômage, remplacement systématique de tous les personnels absents, titularisation de tous les personnels contractuels (enseignants, AED et AESH…), recrutement de médecins et infirmières scolaires, d’assistantes sociales, de PsyEN, la création de 150 postes d’agent·es ;

→ un vrai statut, un vrai salaire et de meilleures conditions de travail pour les AESH et AED

→ le retrait du jour de carence ;

→ le retrait de la réforme de l’éducation prioritaire actuellement expérimentée dans trois académies. Cette réforme prévoit la disparition des REP au profit de contrats d’expérimentation de 3 ans passés entre l’école ou l’établissement et le rectorat, avec une clause de revoyure pour les prolonger si besoin. Dès 2022, la carte des REP serait supprimée.
Déjà principaux bénéficiaires de l’obligation scolaire à 3 ans, les établissements d’enseignements privés (situés principalement en zones rurales) pourraient ainsi obtenir une part non négligeable des transferts de budgets de l’éducation prioritaire sans se soumettre aux règles de la mixité sociale.
Nous demandons que les moyens de l’éducation prioritaire soient renforcés, notamment dans notre département très défavorisé, et en y incluant les lycées.

→ le retrait des contre-réformes qui cassent l’école et nos droits : réforme du baccalauréat et du lycée (professionnel et général), projet de loi Rilhac sur la direction d’école.

Les organisations appellent les personnels à poursuivre les mobilisations en cours, à s’engager dans l’action et à préparer une grève le mardi 26 janvier sur ces revendications.

Elles engagent les personnels à construire dès maintenant une dynamique de mobilisation par des actions locales, des réunions, des AG de ville, des AG d’établissements et des tournées communes.

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Tract de l’Intersyndicale 93