SUD Education Solidaires SUD Education 93
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | AESH, AED, AP | Agent-es | Anti-répression | Contractuel-les enseignant-es | Interprofessionnel | Les représentant-e-s | Lycée professionnel | Plainte antiracisme | Stagiaires | Supérieur | Violences sexistes et sexuelles | Moyens des établissements | Education prioritaire | Plan d urgence | COVID-19 |

Découvrir SUD éducation 93

Agenda


Printemps 2021 : l’état et le gouvernement sont responsables de la crise sanitaire, pas le virus
Article publié le 31 mars 2021

La situation sanitaire dans le 93 est très alarmante. Le taux d’incidence dépasse les 1000 cas pour 100 000 habitant·es dans plusieurs communes, et pour plusieurs classes d’âge. Ces chiffres sont bien au dessus du seuil d’alerte maximal fixé à 250 par le gouvernement lui-même.

Bien que les services du rectorat refusent de communiquer les chiffres pour le département, les retours du terrain et les données publiques montrent que le virus circule rapidement dans les écoles, rend les enfants malades, et passe ainsi de familles en familles. Les hôpitaux sont saturés, des gens meurent du COVID-19. Pour accueillir ces malades des soins sont à nouveau reportés, ce qui occasionnera plus de décès sur le long terme.


Pourtant dans les établissements scolaires rien ou presque n’a été fait


Pourtant dans les établissements scolaires rien ou presque n’a été fait. Même dans les lycées, la demi-jauge n’est qu’un subterfuge pour ne pas mettre en place les demi-groupes de façon systématique et cohérente. Certain·es chef·fes d’établissement comprennent la demi-jauge « en moyenne sur la journée », ce qui permet de maintenir les classes entières dans certaines matières et oblige les élèves à plusieurs allers-retours dans la journée. Pire, le gouvernement a refusé pendant des mois la mise en place de demi-groupes dans les collèges. Il n’a pas recruté des personnels enseignants et d’éducation pour remplacer les nombreux arrêts maladies, ce qui a occasionné un brassage conséquent des élèves dans les écoles. Les collectivités territoriales n’ont pas recruté de personnels d’entretien pour assurer une désinfection suffisante des locaux, et là aussi pour remplacer les absent·es.

Et en même temps qu’il a continué à supprimer des lits dans les hôpitaux, l’Etat a annoncé des suppressions de postes dans l’éducation et la fin du respect des seuils dans l’éducation prioritaire. Alors qu’il faudrait investir massivement dans les services publics de l’éducation, de la santé, mais aussi de la recherche, le gouvernement a fait le choix de poursuivre sa politique de casse de nos biens communs.


Nous n’avons toujours pas eu droit aux vaccins, faute d’anticipation et de volonté politique, pas plus qu’à une campagne de test massive et efficace.


Cette crise ne date pas d’hier. Dès janvier de nombreux·euses scientifiques annonçaient que le mois de mars serait terrible si rien n’était fait. Et rien n’a été fait.

Nous n’avons toujours pas eu droit aux vaccins, faute d’anticipation et de volonté politique, pas plus qu’à une campagne de test massive et efficace. Dans les quelques villes qui ont fini par y avoir droit, les résultats arrivent parfois avec plus d’une semaine de retard et sont donc inutiles.

Il a fallu attendre la semaine dernière pour obtenir la fermeture des classes dès qu’un cas est détecté. Mais aucun temps de concertation n’a été organisé en amont pour organiser le télétravail et la continuité pédagogique.

Notre employeur est aussi peu préparé qu’il y a un an à la fermeture des classes, obstiné qu’il a été à tout maintenir ouvert comme si de rien n’était.

Avec cette pandémie, notre pays aura eu la crise économique et les morts. La faute à une gestion de crise par des décideur·euses incapables d’admettre que leur vison du monde et leurs convictions politiques ne sont pas adaptées, et sont mortifères.


La fermeture complète des établissements scolaires aurait probablement pu être évitée.


Aujourd’hui, la fermeture complète des établissements scolaires annoncée par le président de la république paraît être pour beaucoup la seule solution. Pourtant, elle aurait probablement pu être évitée, ou au moins être préparée correctement. Fermer les établissements est un drame pour les élèves, en particulier celles et ceux des quartiers populaires qui sont nombreux·euses dans le 93. C’est un drame d’un point de vue pédagogique et éducatif, mais aussi psychologique. Et la « continuité pédagogique » annoncée par le ministère n’existe pas réellement dans beaucoup d’endroits et pour beaucoup de familles, faute de moyens techniques, de possibilité de travailler chez soi, et faute d’anticipation et d’organisation du côté de l’éducation nationale.

La France est riche, elle a eu par le passé des services publics réputés, reconnus et efficaces. Mais aujourd’hui, face à une crise majeure, on ne peut que constater que l’état n’est pas au service de la population, et que le gouvernement par ses choix politiques n’aura fait qu’aggraver les choses.